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Le recyclage de l'aluminium est effectif car c'est une opération structurellement rentable : la refusion ne consomme que 5% de l'énergie nécessaire à la première fusion, l'écart de coût finance largement les coûts de récupération.
Le recyclage est aussi garanti dans le long terme : même si les coûts d'énergie venaient à baisser, ce qui apparait peu probable, même si les coûts de collecte venaient à croître, le recyclage de l'aluminium restera durablement une activité rentable.
Le recyclage de l'aluminium n'est pas une charge pour la société, car c'est une activité profitable en elle-même. Il n'y a donc pas besoin de la subventionner, ni de lancer de coûteux projets de recherche de débouchés. L'aluminium recyclé conserve indéfiniment ses qualités d'origine : il ne deviendra pas un sous produit qui lui même poserait à terme la question de son propre recyclage.
L'aluminium recyclé n'a pas de problème de débouchés. En pratique, tout l'aluminium en fin de vie collecté est effectivement recyclé et tout le métal recyclé est effectivement réemployé. Il existe même une concurrence aigüe pour les déchets d'aluminium, régulièrement illustrée par des vols de métal… Parfois même bien avant la fin de vie normale ! Il existe bien un marché très actif et des déchets, et de l'aluminium recyclé. Ce marché absorbe sans aucun problème tout l'aluminium collecté issu des produits en fin de vie.

En Europe, plus de 40% des besoins en aluminium sont déjà couverts par le recyclage (près de 43% en France en 2010).

Les taux de recyclages sont parmi les plus élevés, et fonction de l'efficacité de la récupération.

Les chutes de production, ainsi que les chutes de transformation sont recyclées virtuellement à 100% en boucle rapide car elles sont bien identifiées et localisées et représentent une grande valeur pour leur détenteurs.

Les produits en fin de vie posent des problématiques plus variées.

Les grosses pièces, issues de l'aéronautique, des transports, de l'automobile, du bâtiment ont toutes des taux de recyclage dépassant les 90% ; elles sont les plus faciles à collecter et à identifier.

Les petites pièces posent bien sur plus de problèmes d'autant qu'elles sont typiquement mélangées à d'autres matériaux. C'est le cas des composants aluminium d'objet complexes (ordinateurs, postes de télévision, machines à laver…) ou des utilisations ménagères de l'aluminium (emballages, « papier » aluminium) par exemple. Toutefois, sous la pression de l'utilité publique, les politiques de tri et de récupération développées à tous les niveaux de la chaine des déchets permettent de récupérer de mieux en mieux ces « petites pièces » diffuses. Le taux de récupération effectif des canettes aluminium en Europe a atteint 60%, en progression constante depuis de nombreuses années. Et encore ce chiffres ne tiennent-ils pas compte de ce qui reste encore récupérable dans le stock de déchets !

La valeur de l'aluminium est telle que l'opération, techniquement maitrisée, de récupération dans les mâchefers d'incinération, permet encore d'alimenter le recyclage et de financer de manière significative les décharges ultimes.

La seule limite au recyclage de l'aluminium est le flux de produits venant en fin de vie. En effet, la durée de vie moyenne des produits en aluminium est très longue (ce qui est aussi un avantage environnemental) ; pour simplifier, nous récupérons aujourd'hui l'aluminium fabriqué il y a trente ans. Compte tenu de la croissance enregistrée dans l'utilisation de l'aluminium, on sait de façon certaine que le recyclage traitera des quantités croissantes de métal et que les progrès du tri viendront ajouter encore à cette activité. Pour l'Europe, dont la croissance industrielle est maintenant assez lente, c'est la certitude aussi d'une contribution croissante du métal recyclé à la couverture des besoins en aluminium.

Aluminium et société du recyclage
Notre société a réalisé que les ressources de la planète n'étaient pas infinies et que le recyclage était une composante fondamentale de la croissance durable. Cela étant, focaliser sur le traitement des déchets d'aujourd'hui et donner des « primes économiques » aux produits issus du retraitement de ceux-ci ne suffit pas. Encore faut-il faire en sorte de ne pas fabriquer aujourd'hui des produits dont on ne saura que faire à la fin de leur vie ou dont le recyclage coûtera très cher à nos enfants.
A cet égard, les métaux en général et l'aluminium en particulier donnent la garantie d'un recyclage effectif, rentable en conservant toute les qualités du matériau de base.

L'aluminium en fin de vie constitue une matière première secondaire d'une grande valeur. Elle est d'ailleurs très recherchée sur le marché. Les économies émergentes de Chine ou d'Inde par exemple en sont friandes, car elle permet de produire du métal à moindre coût. Lorsque l'on constate le déficit structurel du commerce extérieur européen des déchets d'aluminium, on peut se poser la question de l'effectivité de la prise de conscience de la valeur de cette matière première secondaire. Le bénéfice de l'investissement énergétique initial, le coût de collecte, incluant parfois les subventions publiques des collectivités locales, sont ils bien récupérés dans le prix de vente ? En outre, alors que le caractère planétaire des problèmes de développement durable ne fait plus de doute, est-il bien cohérent de laisser des économies très en retard dans leurs efforts de respect de l'environnement et des conditions de travail assurer le recyclage des matières premières secondaires issues de nos économies ?
Les conditions d'accès à la matière première sont-elles bien équilibrées (il est virtuellement impossible d'exporter des déchets d'aluminium hors de Chine) ou pâtissons nous en Europe de la concurrence de moins-disant environnementaux ou sociaux et du protectionnisme de certains partenaires ?