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Structure de l'industrie

 

 

LA STRUCTURE DE LA FILIERE

 

De la bauxite au produit fini, la filière aluminium met en jeu une grande variété d'activités et d'acteurs.

Les groupes miniers de taille mondiale (BHP Billiton, RIO TINTO...) dominent la phase d'extraction et contrôlent une bonne partie de la production d'alumine. La plupart des grands groupes miniers se sont partiellement intégrés vers l'aval, le cas le plus spectaculaire ayant été le rachat d'Alcan par Rio Tinto.

La fabrication d'aluminium hors Chine reste animée par les métallurgistes (Alcoa, Hydro...) Ces métallurgistes sont tous peu ou prou intégrés vers l'amont (alumine essentiellement) et vers l'aval et la première transformation, surtout le laminage qui requiert des capitaux considérables. Le filage et la fonderie, pour lesquels les barrières à l'entrée sont plus basses, restent eux dominés par des spécialistes, parfois des PME.

La fabrication de produits finis (des avions aux emballages en passant par les fenêtres...) reste entre les mains des spécialistes des produits en question.

 

Le marché du minerai est clairement un marché mondial, avec un nombre restreint d'acteurs dominant le secteur. Le marché du métal est largement mondialisé et au minimum d'échelle continentale.

Pour les demi-produits, les laminés constituent un marché continental, avec une spécialisation croissante des productions par sites. Pour le filage et la fonderie, on en reste à de marchés régionaux (la région étant comprise comme un groupe de pays raisonnablement proches...) conservant encore une prime à la proximité malgré une croissance continue de l'internationalisation.

Le recyclage de l'aluminium reste largement local dans sa collecte de matière première secondaire et dans ses débouchés. Toutefois, on assiste à une internationalisation rapide du marché de la matière première secondaire, des pays comme la Chine et l'Inde important des quantités considérables en provenance des pays plus industrialisés pour se procurer du métal sans avoir à produire l'énergie nécessaire à la métallurgie primaire.

 

 

L'ECONOMIE DE L'ALUMINIUM

 

Les cours de l'aluminium font l'objet d'un marché mondial centré sur le London Metal Exchange. Ils fluctuent en fonction de l'offre et de la demande et font ponctuellement l'objet d'opérations à caractère spéculatif, comme tous les matériaux cotés. Les cours sont cycliques et leur évolution est souvent difficile à prévoir. Les grands consommateurs développent des politiques d'achat très sophistiquées leur permettant de réduire leurs risques.

 

Pour les producteurs de métal, la profitabilité dépend des cours mondiaux, très variables, opposés à des coûts de production relativement fixes.

La variable clé du prix de revient reste le coût de l'énergie.

La recherche de coûts d'énergie compétitifs et prévisibles (soit via des contrats à long terme, soit par auto production) est une clé fondamentale de la réussite. Ceci explique largement la localisation des opérations, à proximité de sources d'énergie hydraulique (Canada, Islande...) ou de ressources pétrolifères (Pays du Golfe). Certaines économie échappent partiellement à cette logique, c'est en particulier le cas de la Chine qui produit des quantités de plus en plus considérable avec des énergies largement fossiles, à l'abri de frontières économiques encore imperméables aux lois de marché.

La recherche de stabilité des coûts de l'énergie s'explique par le caractère durable des investissements dans la métallurgie primaire (au moins trente ans) et par la relative difficulté d'arrêter ou de redémarrer des capacités de production installées pour des raisons techniques et bien sur sociales.

 

En aval, les activités de transformation ont des problématiques plus traditionnelles, les coûts salariaux étant proportionnellement plus importants. Toutefois, les variations de cours relatifs des matières premières sont susceptibles de provoquer des effets de substitution.

 

Le prix du métal recyclé est toujours très proche du prix du métal primaire par approche inférieure. Le marché absorbe le métal recyclé dans sa totalité, la seule limite étant l'approvisionnement en matière première secondaire. Collectez, tout sera recyclé et réutilisé indéfiniment !

La problématique économique vient de la différence entre le cours du métal et le coût de collecte, relativement fixe. L'arbitrage se fait par le stockage de la matière première secondaire quand les cours sont bas... Ou son exportation lorsque les prix offerts ailleurs sont plus avantageux.